Préface de Nicolas Hulot

Avant propos de Serge Orru

Introduction par Georges Mattei

Un aménagement illusoire

Une rivière sauvage

Cherchez la faille

La genèse d’un dossier sulfureux

Notes

 

Introduction

On ne sait pas si le barrage sur le Rizzanese va faire
des victimes ni combien il peut en causer. Ce qu’on
voit, c’est qu’il collectionne les absurdités et les illé-
galités. Il y a dix ans, un livre était paru : “Barrage
sur le Rizzanese, Un projet aberrant“. Aujourd’hui le
principe reste insensé et les travaux sont en route. La
procédure a été menée en faisant fi des règles. Et la
géologie du site confirme le danger et la malhonnêteté
du dossier.
On a appelé Le Mur de la Honte à Berlin la barrière
de béton qui séparait les secteurs de la ville. On a
dit La diga del disonore, le barrage de la honte, pour
l’ouvrage à Longarone qui a causé la mort de deux
mille personnes. Il est toujours là comme une reli-
que. Techniciens et politiques refusaient une vérité
évidente.
Le titre “Le Barrage de la Honte“ a été repris ici. En
corse on dirait U matrale della vergogna. Si le Rizza-
nese tourne au tragique, ce ne sera pas la malchance
et la fatalité. La catastrophe est déjà évidente du fait
du saccage organisé d’une des dernières vallées sau-
vages d’Europe. C’était un site identitaire irremplaça-
ble.
Pendant des années, les pouvoirs publics se sont
acharnés à dire que ce projet était voulu par les Cor-
ses. Ils sont restés sourds pour ne pas entendre les
émissions de télévision (Les Pas dans l’herbe, en no-
vembre 1999, sur FR3 national). Ils sont restés aveu-
gles pour ne pas voir la Presse nationale (Libération
du 6 décembre 1999)... Les présentations au Conseil
Energétique de Corse, sont restées lettre morte.
Les plaintes instruites par la Commission européen-
ne ont été ignorées en France. Le recours de douze
associations (2) bien connues en Corse, était fait pour
qu’on l’oublie. L’arrêt du Conseil d’Etat n’a inscrit
qu’un trait de plume hâtif et opportuniste qui a l’allu-
re d’un déni de justice, assorti d’erreurs matérielles et
de l’effacement de fautes inexcusables. Cette décision
participe bien au titre : Le barrage de la honte.

Georges Mattei

 

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