Sommaire

Notes

Le barrage de Zoza

La beauté sacrifiée

Un torrent qui part en crues à la mer

Un cours d'eau surexploité

Un barrage pour l'agriculture, un mythe

ART et Archéologie

 

Un aménagement illusoire

  Rizzanese

   Le barrage sur le Rizzanese, en Corse-du-Sud, relève d’une idée ancienne. On en parlait déjà avant la seconde guerre mondiale. Ce projet a réapparu après la première crise pétrolière de 1979. Il y a eu alors en Corse une tendance générale à la promotion des barrages hydroélectriques. Cette politique s’est concrétisée en 1987 avec la signature d’une convention entre l’Assemblée Régionale de Corse et Electricité de France (EDF). Ce protocole prévoyait que plusieurs installations seraient réalisées sur les cours d’eau de l’île. Le Rizzanese faisait partie de la série de barrages cités dans le protocole de 1987. Ce fut, dans cette convention, le dernier aménagement prévu. En 1990 - 1991, des travaux appelés préliminaires, ont été menés sur les lieux. On a constaté que ce projet sur le Rizzanese, même s’il était réduit et n’englobait plus la rivière voisine du Chiuvone, n’était pas réaliste et n’était pas rentable. Alors EDF a quitté le chantier…
   Mais, en 1994, le barrage a resurgi sous la pression des élus locaux de l’Alta Rocca, désireux de trouver des ressources financières. Ce fut Monsieur José Rossi, qui était alors ministre de l’Industrie, qui donna l’impulsion déterminante.
   Les recherches sur la genèse de ce projet précis, en particulier à l’Assemblée de Corse, n’ont pas permis de retrouver un compte rendu sur la justification de ce site. Les raisons qui ont fait choisir cette portion du Rizzanese, n’ont pas été explicitées. Toutes les discussions, tous les exposés semblent avoir tourné autour des concepts sur l’industrialisation de la Corse qui rejoignaient le thème sensible de l’indépendance énergétique de l’île.

   Le Rizzanese, c’est une belle rivière qu’on nomme ainsi depuis toujours à partir de la confluence du Codi et du “Saint-Antoine“. A sa source, on l’appelait Criviscia sur les pentes de l’Incudine. Un peu plus bas, près des Aiguilles de Bavella, c’était l’Asinao. Puis, du côté du village de Zonza, il prenait le nom de Saint-Antoine, avant de s’appeler définitivement Rizzanese. Le nom officiel des cours d’eau est donné par les géographes. Avant leur intervention, un peu partout dans le monde, les populations locales donnaient aux rivières le nom qui était connu sur place, par tradition. C’est le cas du Rizzanese.

   Au milieu de son cours, la rivière infléchit son orientation vers l’Ouest. Elle entre dans une région aux parois escarpées, la vallée de Zoza. Sur une dizaine de kilomètres, le cours d’eau traverse cette zone profonde et boisée, vers la cité de Sartène.
   L’aménagement comporterait à l’entrée de la vallée un lac de retenue de près de 16 hectares. Ce bassin artificiel doit être situé à l’aval de la confluence du Codi et du Saint-Antoine. Le barrage serait fait d’un mur de 41,5 mètres de hauteur sur une base d’une dizaine de mètres, car la vallée devient très étroite à cet endroit là. En crête, la longueur de la digue serait de 140 mètres.
   Parallèlement au lit naturel de la rivière, une dérivation de 90 % du débit moyen, conduirait l’eau dans une galerie souterraine sur 6 kilomètres. Elle contournerait largement le village de Zoza vers le Sud pour déboucher au niveau de Sainte Lucie de Tallano (Fig. 2). Là une conduite forcée exploiterait la chute et amènerait l’eau jusqu’à l’usine électrique, située dans la plaine de Levu, où se trouverait la centrale électrique. C’est le début de la basse vallée du Rizzanese, qui s’élargit beaucoup avec une dénivellation bien atténuée.

 

Nous contacter - Rizzanese - 2009